Le Livre d'Hénoch est un texte apocalyptique juif de la période du Second Temple, traditionnellement attribué à Hénoch, l'arrière-grand-père de Noé. Bien qu'exclu du canon de la plupart des traditions chrétiennes et juives, il est considéré comme canonique par l'Église orthodoxe éthiopienne (Tewahedo). Des fragments araméens du livre ont été trouvés parmi les Manuscrits de la mer Morte à Qumrân. La traduction ici utilisée est une version en français basée sur l'édition académique de R.H. Charles (1917) de l'Oxford University Press.
Hénoch
Chapitre 85 — La Seconde Vision de Songe d'Hénoch : l'Histoire du Monde jusqu'à la Fondation du Royaume Messianique.
Et après cela je vis un autre songe, et je montrerai tout le songe à toi, mon fils.
Et Hénoch éleva (sa voix) et parla à son fils Mathusalem : 'A toi, mon fils, je parlerai : entends mes paroles — incline ton oreille à la vision de songe de ton père.
Avant de prendre ta mère Edna, je vis dans une vision sur mon lit, et voici qu'un taureau sortit de la terre, et ce taureau était blanc ; et après lui sortit une génisse, et avec cette (dernière) sortirent deux taureaux, l'un d'eux noir et l'autre rouge.
Et ce taureau noir éventra le rouge et le poursuivit sur la terre, et alors je ne pus plus voir ce taureau rouge.
Mais ce taureau noir crût et cette génisse alla avec lui, et je vis que beaucoup de bœufs procédèrent de lui qui lui ressemblaient et le suivaient.
Et cette vache, cette première, s'en alla de la présence de ce premier taureau afin de chercher celui qui était rouge, mais elle ne le trouva point, et lamenta avec une grande lamentation sur lui et le chercha.
Et je regardai jusqu'à ce que ce premier taureau vînt à elle et l'apaisa, et dès ce temps elle ne pleura plus.
Et après cela elle enfanta un autre taureau blanc, et après lui elle enfanta beaucoup de taureaux et de vaches noires.
Et je vis dans mon sommeil que ce taureau blanc de même crût et devînt un grand taureau blanc, et de lui procédèrent beaucoup de taureaux blancs, et ils lui ressemblaient.
Et ils commencèrent à engendrer beaucoup de taureaux blancs, qui leur ressemblaient, l'un suivant l'autre, (même) beaucoup.