Le livre d'Esther est accepté par toutes les traditions chrétiennes, mais avec des différences significatives de contenu. Les Bibles protestantes suivent le texte hébreu massorétique (10 chapitres). Les Bibles catholiques incluent six additions (chapitres 11-16), connues sous le nom de 'Le Reste d'Esther', basées sur la version grecque de la Septante. Cette numérotation en 16 chapitres provient de la traduction latine de la Vulgate par Jérôme, qui a d'abord traduit le texte hébreu (chapitres 1-10) puis a ajouté les fragments grecs en appendice (chapitres 11-16).
Esther
Chapitre 9 — Les Juifs détruisent leurs ennemis
Au douzième mois, qui est le mois d'Adar, le treizième jour du mois, jour où l'ordre du roi et son édit devaient être exécutés, le jour même où les ennemis des Juifs avaient espéré dominer sur eux, ce fut le contraire qui arriva: les Juifs dominèrent sur leurs ennemis.
Les Juifs se rassemblèrent dans leurs villes, dans toutes les provinces du roi Assuérus, pour mettre à mort ceux qui cherchaient leur perte; et personne ne put leur résister, car la crainte d'eux avait saisi tous les peuples.
Et tous les chefs des provinces, les satrapes, les gouverneurs, et les officiers du roi, soutenaient les Juifs, par crainte de Mardochée.
Car Mardochée était puissant dans la maison du roi, et sa réputation se répandait dans toutes les provinces; sa puissance allait toujours en croissant.
Les Juifs frappèrent tous leurs ennemis à coups d'épée, les tuèrent et les firent périr; ils traitèrent comme ils voulurent ceux qui leur étaient hostiles.
Dans Suse, la capitale, les Juifs tuèrent et firent périr cinq cents hommes.
Ils tuèrent Parschandatha, Dalphon, Aspatha,
Poratha, Adalia, Aridatha,
Parmaschtha, Arisaï, Aridaï, Vajézatha,
les dix fils d'Haman, fils d'Hammedatha, l'ennemi des Juifs. Mais ils ne mirent pas la main au pillage.
Ce jour-là, on rapporta au roi le nombre des tués dans Suse, la capitale.
Le roi dit à la reine Esther: Les Juifs ont tué et fait périr cinq cents hommes dans Suse, la capitale, et les dix fils d'Haman; qu'auront-ils fait dans les autres provinces du roi? Quelle est ta demande? Elle te sera accordée. Que désires-tu encore? Tu l'obtiendras.
Esther répondit: Si le roi le trouve bon, qu'il soit permis aux Juifs qui sont à Suse d'agir encore demain selon le décret d'aujourd'hui, et qu'on pende au bois les dix fils d'Haman.
Le roi ordonna de faire ainsi. L'édit fut publié dans Suse, et l'on pendit les dix fils d'Haman.
Les Juifs qui se trouvaient à Suse se rassemblèrent aussi le quatorzième jour du mois d'Adar, et ils tuèrent trois cents hommes dans Suse; mais ils ne mirent pas la main au pillage.
Les autres Juifs qui étaient dans les provinces du roi se rassemblèrent et défendirent leur vie; ils eurent du repos vis-à-vis de leurs ennemis, et ils tuèrent soixante-quinze mille de ceux qui leur étaient hostiles; mais ils ne mirent pas la main au pillage.
Cela arriva le treizième jour du mois d'Adar; et ils se reposèrent le quatorzième, en faisant de ce jour un jour de festin et de joie.
Ceux qui se trouvaient à Suse se rassemblèrent le treizième et le quatorzième; ils se reposèrent le quinzième, et ils en firent un jour de festin et de joie.
C'est pourquoi les Juifs de la campagne, qui habitent les villes sans murailles, font du quatorzième jour du mois d'Adar un jour de joie, de festin, et de fête, où ils s'envoient des portions les uns aux autres.
Mardochée écrivit ces choses, et envoya des lettres à tous les Juifs qui se trouvaient dans toutes les provinces du roi Assuérus, auprès et au loin,
pour les obliger à célébrer le quatorzième jour du mois d'Adar et le quinzième jour du même mois, chaque année,
comme les jours où les Juifs eurent du repos vis-à-vis de leurs ennemis, et le mois où leur tristesse fut changée en joie et leur deuil en jour de fête; afin qu'ils fissent ces jours des jours de festin et de joie, où ils s'enverraient des portions les uns aux autres et des dons aux indigents.
Les Juifs s'engagèrent à faire ce qu'ils avaient déjà commencé et ce que Mardochée leur écrivit.
Car Haman, fils d'Hammedatha, l'Agaguite, ennemi de tous les Juifs, avait formé le projet de les faire périr, et il avait jeté le pur, c'est-à-dire le sort, pour les détruire et les anéantir.
Mais Esther se présenta devant le roi, et le roi ordonna par écrit de faire retomber sur la tête d'Haman le méchant projet qu'il avait formé contre les Juifs, et de le pendre au bois, lui et ses fils.
C'est pourquoi on appela ces jours Purim, du nom de pur. D'après tout le contenu de cette lettre, d'après ce qu'ils avaient vu eux-mêmes et ce qui leur était arrivé,
les Juifs prirent pour eux, pour leur postérité, et pour tous ceux qui s'attacheraient à eux, la résolution et l'engagement irrévocables de célébrer ces deux jours selon ce qui en a été écrit, et à l'époque fixée, chaque année.
On devra se souvenir et célébrer ces jours dans chaque génération, dans chaque famille, dans chaque province et dans chaque ville; on ne devra pas cesser de célébrer ces jours de Purim parmi les Juifs, et le souvenir ne s'en éteindra pas au sein de leur race.
La reine Esther, fille d'Abichaïl, et le Juif Mardochée écrivirent avec une pleine autorité pour confirmer la seconde lettre sur Purim.
On envoya des lettres à tous les Juifs, dans les cent vingt-sept provinces du royaume d'Assuérus. Ces lettres renfermaient des paroles de paix et de fidélité,
pour confirmer ces jours de Purim à l'époque fixée, comme le Juif Mardochée et la reine Esther les avaient établis pour eux, et comme ils les avaient établis pour eux-mêmes et pour leur postérité, à l'occasion du jeûne et des supplications.
Ainsi l'ordre d'Esther confirma la célébration de Purim, et cela fut écrit dans le livre.