Le livre de Job est accepté comme canonique par toutes les grandes traditions chrétiennes et fait partie des Ketouvim (Écrits) dans la Bible hébraïque.
Job
Chapitre 14
L'homme né de la femme! Sa vie est courte, sans cesse agitée.
Il naît, il est coupé comme une fleur; Il fuit comme une ombre, et ne s'arrête pas.
Et c'est sur lui que tu as l'oeil ouvert! Et tu m'appelles en jugement devant toi!
De l'impur peut-il sortir un pur? Personne.
Si ses jours sont fixés, Si tu as compté ses mois, Si tu as marqué les limites qu'il ne peut dépasser,
Détourne de lui ton regard, et laisse-le tranquille, Jusqu'à ce qu'il ait goûté comme un ouvrier la fin de sa journée.
Un arbre a de l'espérance: Si on le coupe, il repousse encore, Et il ne cesse de pousser des rejetons.
Si sa racine vieillit dans la terre, Si son tronc meurt dans la poussière,
À l'odeur de l'eau il reverdit, Et produit des branches comme une plante.
Mais l'homme meurt, il perd sa force; L'homme expire, et où est-il?
Les eaux des lacs s'évanouissent, Les fleuves se tarissent et se dessèchent;
Ainsi l'homme se couche et ne se relève plus; Tant que les cieux subsisteront, il ne se réveillera pas, Il ne sortira pas de son sommeil.
Oh! si tu voulais me cacher dans le séjour des morts, M'y tenir à couvert jusqu'à ce que ta colère fût passée, Et me fixer un terme où tu te souviendrais de moi!
Si l'homme une fois mort pouvait revivre, Je serais plein d'espoir tout le temps de mes souffrances, Jusqu'à ce que mon état vînt à changer.
Tu appellerais, et je te répondrais; Tu languirais après l'oeuvre de tes mains.
Mais aujourd'hui tu comptes mes pas, Tu as l'oeil sur mes péchés;
Mes transgressions sont scellées dans un sac, Et tu mets le comble à mon iniquité.
La montagne s'écroule et périt, Le rocher est arraché de sa place,
Les eaux usent les pierres, Les torrents emportent le limon de la terre; Ainsi tu anéantis l'espérance de l'homme.
Tu es le plus fort pour toujours, et il s'en va; Tu changes son visage, et tu le renvoies.
Que ses fils soient honorés, il n'en sait rien; Qu'ils soient méprisés, il l'ignore.
C'est pour lui seul que sa chair souffre, C'est pour lui seul que son âme est dans le deuil.