Le livre de l'Ecclésiaste (Qohélet) fait partie des écrits sapientiaux de l'Ancien Testament. Sa canonicité est acceptée par toutes les traditions chrétiennes et juives, bien que dans le judaïsme son inclusion ait été discutée en raison de son ton sceptique. La Bible de Jérusalem est une traduction catholique réalisée directement à partir des textes originaux hébreux, araméens et grecs, publiée initialement en français sous la direction de l'École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem (1948-1955).
Ecclésiaste
Chapitre 1
Paroles de Qohélet, fils de David, roi à Jérusalem.
Vanité des vanités, dit Qohélet, vanité des vanités, tout est vanité.
Quel avantage l'homme retire-t-il de tout le labeur dont il se fatigue sous le soleil?
Une génération s'en va, une génération vient, et la terre subsiste toujours.
Le soleil se lève, le soleil se couche, il se hâte vers son lieu d'où il se lève à nouveau.
Le vent va vers le midi, puis tourne vers le nord; il tourne et tourne encore, et sur sa ronde reprend le vent.
Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n'est pas remplie; ils vont vers le lieu où les fleuves se rendent, c'est là qu'ils retournent.
Toutes les choses sont fatigantes, plus qu'on ne saurait dire; l'œil ne se rassasie pas de voir, et l'oreille ne se lasse pas d'entendre.
Ce qui a été, c'est ce qui sera, ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera; il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
S'il est une chose dont on dise: «Regarde ceci, c'est nouveau!», cette chose existait déjà dans les siècles qui nous ont précédés.
On ne se souvient plus de ce qui précède, et de ce qui adviendra, on ne se souviendra pas non plus chez ceux qui viendront plus tard.
Moi, Qohélet, j'ai été roi d'Israël à Jérusalem.
J'ai appliqué mon esprit à rechercher et à sonder par sagesse tout ce qui se fait sous les cieux: c'est une occupation ingrate que Dieu a donnée aux hommes pour qu'ils s'y adonnent.
J'ai vu tout ce qui se fait sous le soleil, et voici, tout est vanité et poursuite de vent.
Ce qui est tordu ne peut être redressé, ce qui manque ne peut être compté.
J'ai dit en mon cœur: «Voici que j'ai grandi et surpassé en sagesse tous ceux qui ont précédé Jérusalem», et mon cœur a vu beaucoup de sagesse et de science.
J'ai appliqué mon cœur à connaître la sagesse, et à connaître la folie et la sottise; j'ai compris que cela aussi, c'est poursuivre le vent.
Car beaucoup de sagesse, beaucoup de dépit; qui augmente la science augmente la douleur.