Le livre de l'Ecclésiaste (Qohélet) fait partie des écrits sapientiaux de l'Ancien Testament. Sa canonicité est acceptée par toutes les traditions chrétiennes et juives, bien que dans le judaïsme son inclusion ait été discutée en raison de son ton sceptique. La Bible de Jérusalem est une traduction catholique réalisée directement à partir des textes originaux hébreux, araméens et grecs, publiée initialement en français sous la direction de l'École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem (1948-1955).
Ecclésiaste
Chapitre 3
Il y a un moment pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux:
un temps pour naître, et un temps pour mourir; un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté;
un temps pour tuer, et un temps pour guérir; un temps pour démolir, et un temps pour bâtir;
un temps pour pleurer, et un temps pour rire; un temps pour gémir, et un temps pour danser;
un temps pour lancer des pierres, et un temps pour les ramasser; un temps pour embrasser, et un temps pour s'abstenir d'embrasser;
un temps pour chercher, et un temps pour perdre; un temps pour garder, et un temps pour jeter;
un temps pour déchirer, et un temps pour coudre; un temps pour se taire, et un temps pour parler;
un temps pour aimer, et un temps pour haïr; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix.
Quel avantage celui qui travaille retire-t-il de sa peine?
J'ai observé la tâche que Dieu a donnée aux hommes pour qu'ils s'y adonnent.
Il a fait toute chose belle en son temps; il a même mis dans leur cœur la pensée de l'éternité; mais l'homme ne peut saisir l'œuvre que Dieu accomplit, du commencement jusqu'à la fin.
J'ai reconnu qu'il n'y a de bonheur pour eux que de se réjouir et de se donner du bonheur durant leur vie.
Mais que l'homme mange et boive et goûte le bonheur au milieu de son travail, c'est là un don de Dieu.
J'ai reconnu que tout ce que Dieu fait est à jamais; il n'y a rien à y ajouter, rien à en retrancher; et Dieu a agi ainsi pour qu'on le craigne.
Ce qui est était déjà, ce qui sera a déjà été; Dieu rappelle ce qui est passé.
J'ai vu encore sous le soleil: au lieu du droit, l'impiété; au lieu de la justice, l'iniquité.
J'ai dit en mon cœur: «Le juste et l'impie, Dieu les jugera, car il y a un moment pour toute chose et pour toute action.»
J'ai dit en mon cœur au sujet des fils d'Adam: «C'est pour sonder les hommes, et pour qu'ils voient qu'eux-mêmes ne sont que des bêtes.»
Car le sort des fils d'Adam et le sort de la bête est un sort identique: comme meurt celle-ci, meurt celui-là; ils ont tous un même souffle, et la supériorité de l'homme sur la bête est nulle; car tout est vanité.
Tout s'en va vers un même lieu: tout vient de la poussière et tout s'en retourne à la poussière.
Qui sait si le souffle du fils d'Adam monte vers le ciel, si le souffle de la bête descend en bas, vers la terre?
Et j'ai vu que rien n'est meilleur pour l'homme que de se réjouir de ses œuvres, car c'est là sa part. Qui, en effet, le fera jouir de ce qui sera après lui?