Le livre de l'Ecclésiaste (Qohélet) fait partie des écrits sapientiaux de l'Ancien Testament. Sa canonicité est acceptée par toutes les traditions chrétiennes et juives, bien que dans le judaïsme son inclusion ait été discutée en raison de son ton sceptique. La Bible de Jérusalem est une traduction catholique réalisée directement à partir des textes originaux hébreux, araméens et grecs, publiée initialement en français sous la direction de l'École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem (1948-1955).
Ecclésiaste
Chapitre 5
Prends garde à tes pas, quand tu vas à la maison de Dieu; approche-toi pour écouter plutôt que d'offrir le sacrifice des insensés, car ils ne savent pas qu'ils font mal.
Ne sois pas prompt à ouvrir la bouche, et que ton cœur ne se hâte pas de proférer une parole devant Dieu; car Dieu est au ciel et toi sur la terre: que tes paroles soient donc peu nombreuses.
Car des soucis nombreux viennent les songes, et la parole du sot, de paroles nombreuses.
Si tu as fait un vœu à Dieu, ne tarde pas à l'accomplir, car l'insensé n'est pas son partisan; ce que tu as voué, accomplis-le.
Mieux vaut pour toi ne point faire de vœu, que d'en faire un et de ne pas l'accomplir.
Ne permets pas à ta bouche de faire pécher ta chair, et ne dis pas devant l'envoyé de Dieu: «C'est une méprise!» Pourquoi attirer sur ton œuvre la colère de Dieu, et la détruire?
Car, en abondance de songes et de vanités, abondent aussi les paroles. Toi, crains Dieu!
Si tu vois dans une province le pauvre opprimé, le droit et la justice violés, ne t'étonne point de ce qui arrive, car derrière un haut personnage il y en a un plus haut, et de plus hauts encore.
Mais l'avantage du pays, à tout prendre, c'est un roi qui est servi par la terre.
Celui qui aime l'argent n'est pas rassasié par l'argent; celui qui aime la richesse n'en profite pas. Cela aussi est vanité.
Où les biens sont grands, grands sont les mangeurs; et quel profit leur propriétaire en a-t-il, sinon de les regarder de ses yeux?
Le sommeil du travailleur est doux, qu'il ait peu ou beaucoup à manger; mais la satiété du riche ne le laisse pas dormir.
Il est un mal grave que j'ai vu sous le soleil: des richesses gardées par leur possesseur pour son malheur.
Ces richesses viennent à périr par quelque fâcheuse affaire; il a engendré un fils, et il n'a rien dans la main.
Comme il était sorti du sein de sa mère, il s'en retourne, nu comme il était venu, et de son labeur il n'emporte rien qu'il puisse prendre dans sa main.
Voilà un mal grave: il s'en va comme il était venu; quel avantage retire-t-il d'avoir travaillé pour du vent?
De plus, tous ses jours, il mange dans les ténèbres, dans une grande affliction, dans la souffrance et le dépit.
Voici ce que j'ai vu: c'est un bien et un plaisir que de manger, boire et jouir du bonheur au milieu de tout le labeur qu'on se donne sous le soleil, durant le nombre de jours de vie que Dieu lui accorde, car c'est là sa part.
Et tout homme à qui Dieu a donné des richesses et des biens, et le pouvoir d'en jouir, d'en prendre sa part et de se réjouir au milieu de son labeur, cela est un don de Dieu.
Car il ne songera pas beaucoup aux jours de sa vie, puisque Dieu l'occupe de la joie de son cœur.