Le livre d'Ésaïe est accepté dans tous les canons chrétiens majeurs, avec 66 chapitres communs à toutes les traditions.
Ésaïe
Chapitre 10
Malheur à ceux qui prononcent des ordonnances iniques, et à ceux qui transcrivent des arrêts injustes,
pour priver les pauvres de la justice, et ravir leur droit aux malheureux de mon peuple, pour dépouiller les veuves et piller les orphelins !
Que ferez-vous au jour du châtiment, et de la ruine qui viendra de loin ? Vers qui fuirez-vous pour avoir du secours, et où déposerez-vous votre gloire ?
Sans moi, vous courberez la tête parmi les captifs, vous tomberez au milieu des morts. Avec tout cela, sa colère ne s'est point apaisée, et sa main est encore étendue.
Malheur à Assur, verge de ma colère ! Le bâton dont ma fureur se sert est entre ses mains.
Je l'ai lâché contre une nation impie, je l'ai fait marcher contre le peuple de mon courroux, pour qu'il se livre au pillage et fasse du butin, pour qu'il le foule aux pieds comme la boue des rues.
Mais il n'en juge pas ainsi, et ce n'est pas là la pensée de son cœur ; il ne songe qu'à détruire, qu'à exterminer les nations en foule.
Car il dit : Mes princes ne sont-ils pas autant de rois ?
N'en ai-je pas fait comme de Calno, comme de Carkemisch ? Hamat n'est-elle pas devenue comme Arpad ? Samarie n'est-elle pas devenue comme Damas ?
De même que ma main a atteint les royaumes des idoles, où il y avait plus d'images qu'à Jérusalem et qu'à Samarie,
ce que j'ai fait à Samarie et à ses idoles, ne le ferai-je pas à Jérusalem et à ses images ?
Mais, quand le Seigneur aura accompli toute son œuvre sur la montagne de Sion et à Jérusalem, je punirai le roi d'Assyrie pour le fruit de son orgueil et pour ses regards hautains.
Car il dit : C'est par la force de ma main que j'ai agi, et c'est par ma sagesse, car je suis intelligent ; j'ai reculé les limites des peuples, et j'ai pillé leurs trésors, et, comme un héros, j'ai précipité ceux qui siégeaient sur les trônes.
Ma main a saisi, comme un nid, les richesses des peuples ; comme on ramasse des œufs abandonnés, j'ai ramassé toute la terre : nul n'a remué l'aile, ni ouvert le bec, ni poussé un cri.
La hache se glorifie-t-elle envers celui qui s'en sert ? Ou la scie est-elle arrogante envers celui qui la manie ? Comme si la verge faisait mouvoir celui qui la lève, comme si le bâton soulevait celui qui n'est pas du bois.
C'est pourquoi le Seigneur, l'Éternel des armées, enverra la consomption parmi ses robustes guerriers, et, sous sa gloire, s'allumera un embrasement, comme un feu qui dévore.
La lumière d'Israël deviendra un feu, et son Saint une flamme, qui brûlera et dévorera ses épines et ses ronces, en un seul jour.
On détruira d'un seul coup la gloire de sa forêt et de ses campagnes, et il en sera comme d'un malade qui tombe en défaillance.
Le reste des arbres de sa forêt pourra être compté, et un enfant en écrirait le nombre.
En ce jour-là, le reste d'Israël et ceux de la maison de Jacob qui auront échappé, cesseront de s'appuyer sur celui qui les frappait ; mais ils s'appuieront avec confiance sur l'Éternel, le Saint d'Israël.
Le reste (de Jacob) reviendra au Dieu puissant.
Quand ton peuple, ô Israël, serait comme le sable de la mer, un reste seulement reviendra ; la destruction est résolue, et fera déborder la justice.
Car cette destruction, qui est résolue, le Seigneur, l'Éternel des armées, l'accomplira dans tout le pays.
Cependant, ainsi parle le Seigneur, l'Éternel des armées : O mon peuple, qui habites en Sion, ne crains pas l'Assyrien, quand il te frappe de la verge, quand il lève son bâton contre toi, comme faisaient les Égyptiens.
Mais, encore un peu de temps, et ma colère sera consumée, et ma fureur se tournera contre lui pour le détruire.
L'Éternel des armées agitera le fouet contre lui, comme il frappa Madian au rocher d'Oreb ; et, comme il leva son bâton sur la mer, il le lèvera encore, comme en Égypte.
En ce jour, son fardeau sera ôté de dessus ton épaule, et son joug de dessus ton cou ; et la graisse fera éclater le joug.
Il marche sur Ajjath, traverse Migron, laisse ses bagages à Micmasch.
Ils passent le défilé, ils couchent à Guéba ; Rama tremble, Guibea de Saül s'enfuit.
Fais retentir ta voix, fille de Gallim ! Prends garde, Laïs ! Malheur à toi, Anathoth !
Madména se disperse, les habitants de Guébim se sauvent.
Encore un jour de halte à Nob, et il menace de sa main la montagne de la fille de Sion, la colline de Jérusalem.
Voici, le Seigneur, l'Éternel des armées, brise les branches avec violence : les arbres les plus grands sont coupés, les plus élevés sont abattus.
Il renverse avec le fer les taillis de la forêt, et le Liban tombe sous le Puissant.