Le livre d'Ésaïe est accepté dans tous les canons chrétiens majeurs, avec 66 chapitres communs à toutes les traditions.
Ésaïe
Chapitre 23
Oracle sur Tyr. Lamentez-vous, navires de Tarsis ! Car elle est détruite, elle n'a plus de maisons, personne n'y entre ; on en a eu connaissance du pays de Kittim.
Soyez muets d'effroi, habitants de la côte, vous que remplissaient les marchands de Sidon, qui parcourent la mer.
À travers les grandes eaux, le blé du Nil, la moisson du fleuve, était pour elle une source de revenus ; elle était le marché des nations.
Sois confuse, Sidon, car ainsi parle la mer, la forteresse de la mer : Je n'ai point eu de douleur, je n'ai point enfanté, je n'ai point nourri de jeunes gens, ni élevé de jeunes filles.
Quand les Égyptiens sauront la nouvelle, ils trembleront en apprenant la chute de Tyr.
Passez à Tarsis, lamentez-vous, habitants de la côte !
Est-ce là votre ville joyeuse ? Elle avait une origine antique, et ses pieds la portaient au loin pour y séjourner.
Qui a pris cette résolution contre Tyr, la ville qui donnait des couronnes, dont les marchands étaient des princes, dont les trafiquants étaient les grands de la terre ?
C'est l'Éternel des armées qui a pris cette résolution, pour blesser l'orgueil de tout ce qui brille, pour humilier tous les grands de la terre.
Parcours librement ton pays, pareille au Nil, fille de Tarsis ! Plus de joug !
L'Éternel a étendu sa main sur la mer ; il a fait trembler les royaumes ; il a donné des ordres contre Canaan pour qu'on en détruise les forteresses.
Il a dit : Tu ne te réjouiras plus, vierge déshonorée, fille de Sidon ! Lève-toi, passe à Kittim ; mais même là, il n'y aura pas de repos pour toi.
Voyez le pays des Chaldéens ! Ce peuple n'existait pas, l'Assyrie l'a fondé en faveur des gens du désert ; ils ont élevé des tours, ils ont renversé les palais de Tyr, ils l'ont changée en un monceau de ruines.
Lamentez-vous, navires de Tarsis ! Car votre forteresse est détruite.
En ce temps-là, Tyr tombera dans l'oubli pendant soixante-dix ans, ce que dure la vie d'un roi. Après soixante-dix ans, il en sera de Tyr comme de la prostituée dont parle la chanson :
Prends la harpe, parcours la ville, prostituée qu'on oublie ! Joue bien, répète tes chants, pour qu'on se souvienne de toi !
Après soixante-dix ans, l'Éternel visitera Tyr ; et elle retournera à son salaire impur ; elle se prostituera à tous les royaumes de la terre, sur la face du monde.
Mais son gain et son salaire impur seront consacrés à l'Éternel ; ils ne seront ni entassés ni mis en réserve ; et son gain profitera à ceux qui habitent devant l'Éternel, pour qu'ils aient à manger abondamment et des vêtements magnifiques.