Le livre d'Ésaïe est accepté dans tous les canons chrétiens majeurs, avec 66 chapitres communs à toutes les traditions.
Ésaïe
Chapitre 40
Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu.
Parlez au cœur de Jérusalem, et criez-lui que sa servitude est finie, que son iniquité est pardonnée, qu'elle a reçu de la main de l'Éternel au double de tous ses péchés.
Une voix crie : Préparez au désert le chemin de l'Éternel, aplanissez dans la solitude une route pour notre Dieu.
Que toute vallée soit exhaussée, que toute montagne et toute colline soient abaissées ; que les lieux escarpés deviennent une plaine, et les défilés une vallée large !
Alors la gloire de l'Éternel se révélera, et toute chair la verra ensemble ; car la bouche de l'Éternel a parlé.
Une voix dit : Crie ! Et il répond : Que crierai-je ? Toute chair est comme l'herbe, et tout son éclat comme la fleur des champs.
L'herbe se dessèche, la fleur se flétrit, quand le souffle de l'Éternel passe sur elles. Oui, le peuple est comme l'herbe.
L'herbe se dessèche, la fleur se flétrit ; mais la parole de notre Dieu subsiste éternellement.
Monte sur une haute montagne, Sion, toi qui apportes de bonnes nouvelles ! Élève ta voix avec force, Jérusalem, toi qui apportes de bonnes nouvelles ! Élève ta voix, ne crains point ; dis aux villes de Juda : Voici votre Dieu !
Voici, le Seigneur, l'Éternel, vient avec puissance, et son bras lui assurera la domination ; voici, sa récompense est avec lui, et son salaire devant lui.
Comme un berger, il paîtra son troupeau ; il prendra les agneaux dans ses bras, et les portera dans son sein ; il conduira les brebis qui allaitent.
Qui a mesuré les eaux dans le creux de sa main, pris les dimensions des cieux avec la paume, et ramassé la poussière de la terre dans un tiers de mesure ? Qui a pesé les montagnes au crochet et les collines à la balance ?
Qui a sondé l'Esprit de l'Éternel, et qui l'a éclairé de ses conseils ?
Avec qui a-t-il délibéré pour en recevoir des instructions ? Qui lui a appris le chemin de la justice, et lui a enseigné la sagesse, et montré la voie de l'intelligence ?
Voici, les nations sont comme une goutte d'eau dans un seau, comme la poussière fine sur une balance ; voici, les îles sont comme la poudre qui s'envole.
Le Liban ne suffit pas pour le feu, et ses animaux ne suffisent pas pour l'holocauste.
Toutes les nations sont devant lui comme un néant, elles sont regardées par lui comme moins que rien et qu'un vide.
À qui donc voulez-vous comparer Dieu ? Et quelle image placerez-vous à côté de lui ?
L'artisan fond une idole, et l'orfèvre la couvre d'or, et y soude des chaînettes d'argent.
Celui que la pauvreté oblige à faire des offrandes choisit un bois qui ne pourrisse pas ; il se cherche un ouvrier habile, pour fabriquer une idole qui ne branle pas.
Ne le savez-vous pas ? ne l'avez-vous pas appris ? ne vous l'a-t-on pas fait connaître dès le commencement ? n'avez-vous jamais réfléchi à la fondation de la terre ?
C'est lui qui est assis au-dessus du cercle de la terre, et les habitants sont devant lui comme des sauterelles ; c'est lui qui étend les cieux comme une toile légère, et qui les déploie comme une tente pour y habiter.
C'est lui qui réduit les grands à néant, et qui anéantit les princes de la terre.
Ils ne sont pas même plantés, pas même semés, leur tronc n'a pas même de racine en terre ; lorsqu'il souffle sur eux, ils se dessèchent, et un tourbillon les emporte comme la paille.
À qui donc me comparerez-vous, pour que je lui ressemble ? dit le Saint.
Levez vos yeux en haut, et regardez ! Qui a créé ces choses ? C'est celui qui déploie leur armée en nombre, qui les appelle toutes par leur nom ; à cause de sa puissance et de sa force immense, pas une ne fait défaut.
Pourquoi dis-tu, Jacob, et pourquoi parles-tu, Israël : Ma destinée est cachée devant l'Éternel, et mon droit passe inaperçu devant mon Dieu ?
Ne le sais-tu pas ? ne l'as-tu pas appris ? L'Éternel, le Dieu d'éternité, a créé les extrémités de la terre ; il ne se fatigue point, il ne se lasse point ; sa sagesse est insondable.
Il donne de la force à celui qui est fatigué, et il augmente la vigueur de celui qui est sans force.
Les adolescents se fatiguent et se lassent, les jeunes gens chancellent et tombent ;
mais ceux qui se confient en l'Éternel renouvellent leur force ; ils prennent leur vol comme les aigles ; ils courent, et ne se lassent point ; ils marchent, et ne se fatiguent point.