Dans la tradition éthiopienne, le livre des Lamentations est souvent inclus dans le canon plus large, sous le nom de 'Mäḥaləyä Səgga' (Lamentations), et est parfois attribué à Jérémie, comme dans le reste de la tradition judéo-chrétienne.
Lamentations
Chapitre 4 — Le siège et la chute de Jérusalem
Eh quoi! l'or a perdu son éclat! l'or pur est altéré! Les pierres du sanctuaire sont dispersées aux coins de toutes les rues!
Les fils de Sion, si précieux, estimés à leur pesant d'or, -Eh quoi! ils sont regardés comme des vases de terre, comme l'oeuvre des mains du potier!
Les chacals mêmes présentent les mamelles, allaitent leurs petits; La fille de mon peuple devient cruelle comme les autruches du désert.
La langue du nourrisson s'attache à son palais, consumée par la soif; Les enfants demandent du pain, et personne ne leur en donne.
Ceux qui se nourrissaient de mets délicats meurent dans les rues; Ceux qui étaient élevés dans la pourpre embrassent les fumiers.
La punition de la fille de mon peuple est plus grande que celle de Sodome, qui fut renversée en un instant, sans que personne ait porté la main sur elle.
Ses princes étaient plus éclatants que la neige, plus blancs que le lait; Ils avaient le teint plus vermeil que le corail; leur figure était comme le saphir.
Leur aspect est plus sombre que la nuit; on ne les reconnaît point dans les rues; Leur peau s'est attachée à leurs os; elle est devenue sèche comme du bois.
Ceux qui périssent par l'épée sont plus heureux que ceux qui périssent par la faim; Car ils tombent consumés par le défaut des fruits des champs.
Des femmes, malgré leur tendresse, ont fait cuire leurs enfants; Ils leur ont servi de nourriture, au milieu du désastre de la fille de mon peuple.
L'Éternel a épuisé sa fureur, il a répandu son ardente colère; Il a allumé dans Sion un feu qui en dévore les fondements.
Les rois de la terre n'auraient pas cru, tous les habitants de l'univers n'auraient pas cru Que l'oppresseur, que l'ennemi pénétrerait dans les portes de Jérusalem.
C'est à cause des péchés de ses prophètes, des iniquités de ses sacrificateurs, Qui ont répandu dans son sein le sang des justes.
Ils erraient en aveugles dans les rues, souillés de sang; On ne pouvait toucher leurs vêtements.
Éloignez-vous! impurs! leur criait-on; Éloignez-vous, éloignez-vous, ne nous touchez pas! Ils ont fui, ils ont erré; On disait parmi les nations: Qu'ils ne séjournent plus ici!
L'Éternel les a dispersés, il ne jette plus les regards sur eux; On n'a eu d'égards ni pour les sacrificateurs, ni pour les anciens.
Nos yeux se consumaient encore dans l'attente d'un vain secours; Nous regardants, nous regardants vers une nation qui n'a pas été notre délivrance.
On épiait nos pas, pour nous empêcher d'aller dans nos places; Notre fin approchait, nos jours étaient accomplis... oui, notre fin était arrivée!
Nos persécuteurs étaient plus légers que les aigles du ciel; Ils nous ont poursuivis sur les montagnes, ils nous ont dressé des embûches dans le désert.
Celui qui était notre souffle de vie, l'oint de l'Éternel, a été pris dans leurs fosses; Lui au sujet duquel nous disions: Nous vivrons sous son ombre au milieu des nations.
Réjouis-toi, tressaille d'allégresse, fille d'Édom, habitante du pays d'Uts! A toi aussi passera la coupe; tu t'enivreras, et tu seras mise à nu.
Ta punition est accomplie, fille de Sion; il ne t'enverra plus en captivité; Mais il punira ton iniquité, fille d'Édom; il mettra tes péchés à nu.